« Les camelots marchent toujours », me répond la fille qui veut me vendre un abonnement au Journal de Monrial quand j'évoque, en plus de ma non-lecture de ce journal, le lock-out.
En effet, petite imbécile, en effet.
mardi 27 janvier 2009
Actualités VI
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Roger Gregor
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Libellés : Actualités, Tranche de vide
dimanche 25 janvier 2009
Ménage de l'ordinateur II
Sarah ma plaine d’Abraham
à présent parc historique
où pique-niquent les Anglais
les gens de Lévis
les gens de Samothrace, en Grèce
Sarah ma glèbe fertile en pelouse
soigneusement entretenue
par des fonctionnaires à deux cents piastres de l’heure
ma métaphore plane
mes sentiments boiteux.
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Roger Gregor
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Libellés : Like a poème, Ménage de l'ordinateur
samedi 24 janvier 2009
Ménage de l'ordinateur
N’écris rien sur la neige (sonnet ponctué)
« N’écris rien sur la neige », avait dit Pythagore,
Qui a vécu son temps parmi les oliviers ;
On n’avait vu, alors, ni Québec en janvier
Ni maison Winchester, horrible dans l’aurore,
Où j’irai vérifier, sloche approximative,
Si ses trente escaliers ne menant nulle part
Et les larges volets s’ouvrant sur des placards
Font une métaphore à notre vie plaintive.
De nous, journaux mouillés, spectres gris d’Amérique,
Effacés de façon toute mathématique,
Combien restera-t-il de nos mots arrachés ?
— Que c’est beau de nous voir sur la glace d’un fleuve
Graver sans plan précis quelques vers recrachés,
Couplets d’une chanson qui meurt à Terre-Neuve !
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Roger Gregor
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Libellés : Exercice, Ménage de l'ordinateur, Pythagore
mardi 20 janvier 2009
Dix-huit
Qui n'aime pas le cinéma
plus grand l'écran mieux c'est
tu es vide et blanc.
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Roger Gregor
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Libellés : Actualités, Schillérisme
mardi 13 janvier 2009
The Song Is You
On promène sa chanson dans sa poche
on ne la chante pas on a la toux
on ne sait pas chanter
il est tard je dois rentrer
on dit beaucoup de choses
et on garde sa chanson
le printemps attendra bien
le tralala itou.
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Roger Gregor
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Libellés : Schillérisme, Sinatra, Trame sonore
mercredi 7 janvier 2009
Tu devrais sortir un peu
— Sauf le dépanneur.
— Sauf le dépanneur. Mais le dépanneur, t'as beau jaser avec un peu chaque fois que t'achète des cigarettes ou ta bière, il a beau être bien philosophe et, vu qu'il peut regarder à loisir la télé et lire les journaux, il a beau être plutôt bien informé sur la géopolitique proche-orientale, il reste que c'est un philosophe de dépanneur, que votre échange est de nature principalement commerciale (parce que ça passe le temps lorsqu'il compte la monnaie) et que tu ne connais même pas son nom. Non, il faut que tu sortes, sinon tu vas devenir fou, tu vas te mettre à lécher les murs et à écrire des messages aux extra-terrestres avec des croquettes pour chat. Déjà, tu réponds au chat. Un chat, c'est cave, ça ne comprend rien à rien de ce que tu racontes, ça sait même pas pourquoi ça fait ci ou ça.
— C'est la même chose avec les gens, la plupart ne savent rien des raisons de leurs actes.
— Oui… d'accord. Mais ce n'est pas une raison pour discuter avec un chat. Et là, qu'est-ce que tu fais, hein ? Dis-moi.
— Je prépare de la soupe.
— Oui ! Non… enfin, c'est pas ce que je voulais comme réponse, mais je vais y revenir parce que hein, la soupe, on va en parler, parce c'est louseur. Ben oui, d'accord c'est roboratif l'hiver et tout, mais c'est juste de la câlisse de soupe et t'offriras jamais ça à une date. Des légumes pis du barley qui flottent dans de l'eau, on a vu quelque chose de plus excitant. Ça n'a pas de formes, ça se mange mal, non tu vas te faire de meilleurs plats. La soupe, c'est quand il fait trop froid pour aller à l'épicerie et qu'on vide le frigidaire de ses végétaux blets. La soupe, et on va en reparler, représente ton état actuel, et on ne s'en réjouit guère. Donc, digression imprévue, mais nécessaire, à mon discours. Je te repose la question : que fais-tu ?
— Je prépare ma soupe en te parlant... n'est-ce-pas ?
— Précisément ! Tu me parles. Et je suis quoi ? Ton dople… dopel… dopeulgagne… ton double. Tu n'as vu personne depuis une semaine, alors tu vois ton double.
— Faut ajouter l'insomnie qui dure depuis un bon moment, et cette chute sur la glace qui m'a laissé inconscient sur le coup.
— Oui… peu importe. Ce que j'essaie de te dire, c'est que la solitude ce n'est pas bon pour toi. tu dois rencontrer des gens. Tu parles à ton double et ce n'est pas bon signe.
— Tu veux de la soupe ? elle est prête.
— D'accord. »
Il a continué de la sorte pendant le repas et le reste de la soirée. Selon lui, je me laissais aller, je risquais de me transformer en crème de tomate alors que je devrais plutôt tenir du gigot à la bière, du chateaubriand minute, de la pièce montée. Enfin, las, je suis allé me coucher, il pouvait prendre le divan. C'était il y a dix mois.
Le lendemain matin, il rangeait la cuisine, ce que le chat n'avait jamais fait en six ans. Il avait des avantages, ce double, mais il restait inconcevablement bavard. Le soir même nous sortions. Il a proposé le karaoké à deux coins de rue, mais j'ai douté du bien-fondé de sa suggestion quand j'aperçus par la fenêtre un gros homme se dandiner sensuellement (au second degré bien sûr, mais quand même), au centre de l'endroit qui semblait vraiment très petit. Non, nous avons attrapé le bus qui descendait avec comme destination l'un de ces bars de discussion génériques du Plateau.
Il y avait du hockey. « Tant mieux ! » avait-il dit à travers la barbe postiche que je lui avais acheté, à sa demande, car vraiment, disait-il, nous nous ressemblions trop pour passer pour des jumeaux. Je ne trouvais pas ; plus je passais de temps avec lui, plus je m'en sentais différent.
« C'est bien le hockey, c'est efficace le hockey pour entamer une conversation.
— Je ne regarde pas le hockey.
— Fais-le ce soir. Tu connais quand même quelques noms ?
— André Kovalev… Peter Stastni… Kaspar Hauser ?
— Bien. Alors tu commentes l'action avec tes voisins pendant les pauses, et tu vas voir qu'après la partie, surtout si on gagne, tu vas parler avec eux comme à de vieux chums. Pendant ce temps, je repère les filles à rabattre vers toi. »
Ce soir-là, j'ai certes parlé à du monde indulgent et d'un intérêt relatif, si on le compare au chat, mais je n'ai pas rencontré de fille. Nous avons recommencé évidemment, car il ne me fallait plus seulement voir des gens, mais rencontrer quelqu'un. Les discussions à ce sujet furent longues et âpres. Il me citait des médecins antiques et médiévaux qui prescrivaient une activité sexuelle régulière comme remède à la mélancolie. Il améliora toutefois son déguisement : au lieu de la barbe en plastique il se fit pousser un véritable bouc et se trouva je ne sais comment des lunettes dans le genre rétro, comme on dit. Nous sommes sortis dans divers endroits, perfectionnant chaque fois nos manoeuvres tactiques. J'ai fini par rencontrer une fille qui à présent dort chez moi régulièrement et qui, même, m'a fait acheter ce matin un rideau pour remplacer le vieux drap mauve qui en faisait office — c'est dire. Le premier soir, j'ai demandé discrètement au double de se trouver ailleurs une place où dormir ; il a accepté sans rechigner, avec le sourire même. C'était il y a six mois.
Aujourd'hui, il dort dans le métro, le soir il parle aux passants, sans arrêt, il ne quête même pas. Il ne me reconnaît plus.
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Roger Gregor
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Libellés : Nouvelle
lundi 5 janvier 2009
Actualités V
Les boumeurs vieillissant
trouvent l'Alzheimer trouvent
toujours le tour d'être contents.
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Roger Gregor
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Libellés : Actualités
jeudi 1 janvier 2009
Qohélet
Toutes les paroles sont infirmesSur ce, je vous souhaite une excellente année grégorienne. Pour les utilisateurs d'autres calendriers, on se reparle plus tard.
comment pourrait l'homme dire
comment l'oeil se combler de voir
et l'oreille d'entendre
Ce qui fut cela sera
ce qui s'est fait se refera
Rien de nouveau
sous le soleil
On te dit Regarde
voilà du nouveau
mais cela fut déjà
de tout temps avant nous
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Roger Gregor
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