lundi 22 décembre 2008

Poème sur le recyclage (pour les ceuzes, nombreux, qui en en cherchant un avec Google arrivaient ici et devaient être déçus de n'en point trouver)

(sur l'air d'Amsterdam en plus)

Dans le bac d'recyclage
y'a des bouteilles qui chantent
car j'ai pas bien rincé
j'suis pas bon en r'cyclage
dans le bac d'recyclage
y'a des journaux qui dorment
comme des oriflammes
rangées dans l'garde-robe
dans le bac d'recyclage
y'a Obama qui meurt
et qui r'naît à chaque page
aux premières lueurs
dans le bac d'recyclage
y'a des spores qui naissent
dans la chaleur épaisse
du chauffe-eau plus très blanc

dans le bac d'recyclage
y'a un minou qui fouille
qui recherche un trésor
des poissons ruisselants
il trouv'ra du plastique
marqué cinq trois ou six
mais le six y faut pas
c'est c'que Julie a dit
mais a dit tellement d'choses
la Julie la parfaite
moi j'piss' su' l'recyclage
pis je vote adécul
mais Dumont va partir
y va se recycler
Gendron va prendr' sa place
cann' de beans pour une autre.

vendredi 19 décembre 2008

Spligne IV

Aller à Barcelone aller à Moscou
faire changer ses yeux à Tokyo
finir sur la lune à lécher des pierres
à brûler sans joyeuse flamme.

samedi 13 décembre 2008

Vers ratés IV

Tout pourrit dans le frigidaire
le seul qui chante à quatre heures
l'heure ductile étrangle avec soin.

jeudi 11 décembre 2008

Vers ratés III

Nous passons comme le métro
sans lenteur et sans pardon
à intervalles réguliers allant croissants.

mercredi 10 décembre 2008

Vers ratés II

Un printemps aux bras duveteux
qui découvriront les corps gelés
des chats malchanceux.

lundi 8 décembre 2008

Qui aime bien châtie bien II

Qui aime bien châtie bien — sa langue, vous l'aurez compris. Tout le monde aime le français au Québec, c'est connu, même si souvent l'on s'empresse de passer à l'anglais. Ah ! les charmes piquants de l'adultère… Mais une langue bien châtiée, qu'est-ce que ça veut dire ? D'aucuns penseront que c'est une langue estropiée, souffrante et douloureuse comme un coeur de rockeur en manteau de cuir, ou comme les doigts et la nuque d'un jeune insolent puni par un frère enseignant à la main un peu leste. Mais non : une langue bien châtiée en est une redressée, corrigée, qui se tient droit, pratiquement exempte de fautes. C'est la correction, on comprend, du point de vue du pédagogue et non de celui du pupille qui a reçu les coups de baguette, le résultat positif d'une correction qui a atteint son but didactique, et non celui moins heureux d'envoyer l'insolent à l'hôpital.

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On rencontre de temps à autre la construction se devoir de [+ verbe à l'infinitif] : je me dois de faire cela. Cette construction, lit-on, « implique l'idée d'une obligation morale, d'un devoir que l'agent [le sujet du verbe] a envers lui-même » (Le bon usage), donc le sujet dans ce cas est nécessairement une personne, en chair ou morale (voire immorale) et l'action est d'une certaine importance. Mis à part les situations extrêmes, dire Je me dois de préparer le souper semble excessif (j'ai à préparer le souper) ; Le procès-verbal se doit absolument de contenir cette remarque de M. Chose est plutôt ridicule (Il faut que le procès-verbal contienne […]), alors que Notre compagnie de tampons se doit d'améliorer ses mesures d'hygiène nous apparaît acceptable. Il ne reste qu'à savoir à présent à quoi peut bien correspondre une obligation morale, et nous ne nous avancerons pas sur ce terrain glissant ; il faudra demander aux bacheliers de philosophie ou, à défaut d'en trouver à proximité, aux petites saintes qui, elles, pleuvent.

dimanche 7 décembre 2008

Symphonie numéro un de Mahler

La tête toute dans l'estomac
ou inversement je ne sais plus
la marche en tout cas particulière
malaisée il faudrait sauter
d'un bond léger par-dessus le mur
refaire les battements doux de la fin du mouvement.

samedi 6 décembre 2008

Notes de cours III (dans le désordre)

Se nourrir exclusivement de clémentines et de thé. Lire les philosophes. Tenter de refaire le numéro de la sagesse. Abstraire, voire.
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Ai-je dit « effort » ? Pardonnez cette impolitesse. Remarquez, le mot au moins n'est pas au pluriel.
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Malgré tout, le feu.
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Relire les poètes.
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Messieurs, apprenez des poèmes par coeur. Deux ou trois. Ils viendront d'eux-mêmes, un soir, dans une haleine volatile ; si votre discours n'est pas à la hauteur de la beauté, les vers le seront peut-être. C'est en outre un excellent exercice de mémoire. Et c'est bien la nuit, quand on ne dort pas, seul, de réciter, depuis des années nous-même le faisons. (On peut chanter Tom Waits aussi, selon l'épaisseur des murs.) Enfin c'est ce que vous pourrez dire de mieux en toute occasion, lors d'une réunion départementale par exemple.
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Au-dessus de nous, un arbre, une pousse en fait. Les arbres en grandissant prennent une variété de formes.

jeudi 4 décembre 2008

Spligne III (pour quelqu'un)

Sinon la chambre est rude et sèche
à quatre heures du matin
avec l'eau et les allumettes
il ne manquerait rien.